« Méthodologie de la composition française et de l'explication de texte» Amphithéâtre Milne-Edwards (Année 2009-2010) (cours mensuel de 1er semestre, les samedis 3, 10 et 24 oct., 7 nov. , 10-13h)
Présentation générale. Le concours et les modalités de sa préparation. Modalités de formation personnelle aux exercices écrits et oraux. Comment organiser sa préparation au concours ? L’écrit et l’oral : esprit et méthode des deux exercices.
5 octobre - 11 octobre
Samedi 10 octobre, 10h-13h La composition française (1). Analyse du sujet et élaboration de la problématique - Composition et illustration du développement. Sujet traité : P. Larthomas écrit dans Le Langage dramatique (Paris, PUF, 1972, 433-434) :« L'erreur fondamentale à nos yeux a consisté surtout à distinguer au cours des siècles, tout au moins en France, la comédie et la tragédie, ou, de façon plus large, les pièces qui font rire et celles qui font pleurer. Non que cette distinction ne soit pas, dans une certaine mesure, naturelle, puisqu'elle tient compte avant tout des réactions du public et différencie, à partir d'elles, les procédés qui les provoquent ; non qu'elle ne soit pas pardonnable, puisque vénérable et appuyée par une tradition mythologique (Thalie et Melpomène), l'autorité d'Aristote et de combien d'autres. Mais enfin elle n'est pas essentielle. Et n'étant pas essentielle, elle s'est révélée dangereuse : on a plus été préoccupé de marquer entre la tragédie et la comédie des oppositions qui allaient de soi, que de souligner les points communs qui font que toutes les ouvres dramatiques, qu'il s'agisse d'Athalie ou des Fourberies de Scapin, ont les mêmes caractères fondamentaux. » En vous référant à des exemples précis, vous commenterez et discuterez ces réflexions.
12 octobre - 18 octobre
Pas de cours
19 octobre - 25 octobre
Samedi 24 octobre, 10h-13h La composition française. (2) Même sujet traité. Mise en œuvre de l'exercice : le paragraphe, unité minimale de composition. L'introduction, la conclusion, les modalités de transition. (H. Bergson, extrait de Le Rire).
26 octobre - 1 novembre
Samedi 7 novembre 2009, 10h-13h L’explication de texte. Approche du texte, élaboration du «projet de lecture». Méthode de déchiffrement et commentaire suivi du texte. Texte analysé: Flaubert, Madame Bovary, II, ch. v. /
«Léon ne savait pas, lorsqu'il sortait de chez elle désespéré, qu'elle se levait derrière lui afin de le voir dans la rue. Elle s'inquiétait de ses démarches ; elle épiait son visage ; elle inventa toute une histoire pour trouver prétexte à visiter sa chambre. La femme du pharmacien lui semblait bien heureuse de dormir sous le même toit ; et ses pensées continuellement s'abattaient sur cette maison, comme les pigeons du Lion d'or qui venaient tremper là, dans les gouttières, leurs pattes roses et leurs ailes blanches. Mais plus Emma s'apercevait de son amour, plus elle le refoulait, afin qu'il ne parût pas, et pour le diminuer. Elle aurait voulu que Léon s'en doutât ; et elle imaginait des hasards, des catastrophes qui l'eussent facilité. Ce qui la retenait, sans doute, c'était la paresse ou l'épouvante, et la pudeur aussi. Elle songeait qu'elle l'avait repoussé trop loin, qu'il n'était plus temps, que tout était perdu. Puis l'orgueil, la joie de se dire : «Je suis vertueuse», et de se regarder dans la glace en prenant des poses résignées, la consolait un peu du sacrifice qu'elle croyait faire.
Alors, les appétits de la chair, les convoitises d'argent et les mélancolies de la passion, tout se confondit dans une même souffrance ; et, au lieu d'en détourner sa pensée, elle l'y attachait davantage, s'excitant à la douleur et en cherchant partout les occasions. Elle s'irritait d'un plat mal servi ou d'une porte entrebâillée, gémissait du velours qu'elle n'avait pas, du bonheur qui lui manquait, de ses rêves trop hauts, de sa maison trop étroite. »